Pays taxant plus riches : classement et comparatif des taux d’imposition

1,7 million de couronnes : en Norvège, ce n’est pas seulement un chiffre, c’est le seuil où l’État commence à prendre sa part, chaque année, à hauteur de 1,1 %. La Suisse, elle, ajuste la cadence selon les cantons, allant de 0,13 % à plus de 1 % sur la fortune. L’Espagne affiche la couleur : au-delà de 700 000 euros, la note grimpe jusqu’à 3,5 % pour les patrimoines les plus imposants.

La France, quant à elle, a tiré un trait sur l’impôt de solidarité sur la fortune en 2018, ne gardant que la version immobilière. Au sein de l’Union européenne, certains États ont choisi de ne pas cibler le patrimoine, d’autres maintiennent des dispositifs qui touchent directement les plus aisés.

L’impôt sur la fortune en Europe : définition et principes clés

L’impôt sur la fortune vise sans détour les ménages les plus aisés, ceux dont le patrimoine dépasse un seuil fixé par la loi nationale. Contrairement à l’impôt sur le revenu, il s’attaque à l’entassement d’actifs : immobilier, placements financiers, collections, parfois même objets de valeur. Ce prélèvement, souvent qualifié de taxe sur le patrimoine, porte l’ambition de réduire l’écart de richesse et de renforcer la solidarité nationale.La façon de taxer la fortune varie beaucoup d’un pays à l’autre en Europe. En France, depuis 2018, l’assiette a été restreinte à la seule fortune immobilière, l’ISF ayant laissé la place à l’IFI. La Suisse, elle, n’a rien changé à sa formule : impôt progressif sur l’ensemble du patrimoine, modulé localement. L’Espagne démarre sa taxation dès 700 000 euros, et ses taux figurent parmi les plus élevés du continent.La proposition de taxe Zucman reflète la pression qui monte sur les ultra-riches. L’idée : harmoniser la fiscalité du patrimoine à l’échelle européenne, pour contrer les échappatoires et l’exil fiscal. Les pays utilisent des outils variés : seuils d’entrée, taux progressifs ou fixes, exonérations, niches fiscales.

Voici un aperçu des dispositifs majeurs en Europe :

  • France : impôt sur la fortune immobilière (IFI), taux de 0,5 % à 1,5 %.
  • Suisse : impôt sur la fortune, taux variable selon le canton, jusqu’à 1,1 %.
  • Espagne : impôt sur le patrimoine, taux progressifs jusqu’à 3,5 %.
  • Belgique, Allemagne, Italie : pas d’impôt dédié sur la fortune, mais imposition indirecte du patrimoine.

L’imposition des revenus et la taxation du patrimoine obéissent à des logiques séparées, mais la tendance sur le Vieux Continent est claire : surveiller de près la détention d’actifs par les ménages fortunés. Les discussions sur la fiscalité des ultra-riches et une harmonisation européenne montrent que le sujet reste brûlant, entre recherche d’équité et attractivité économique.

Quels pays européens taxent réellement les plus riches ?

La carte fiscale de l’Europe fait apparaître des stratégies contrastées pour taxer les plus grandes fortunes. En France, l’IFI cible strictement les détenteurs de biens immobiliers au-delà de 1,3 million d’euros, avec un taux progressif pouvant atteindre 1,5 %. Ce choix, concentré sur la pierre, a généré débats et départs de certains contribuables, mais maintient une pression notable sur les patrimoines élevés.En Suisse, chaque canton décide de ses propres taux d’imposition sur la fortune, qui peuvent monter jusqu’à 1,1 % sur la totalité des actifs nets. Cette autonomie cantonale attire les grandes fortunes tout en imposant une contribution tangible aux résidents fortunés.En Espagne, l’impôt sur le patrimoine s’applique dès 700 000 euros, avec des taux progressifs qui culminent à 3,5 % dans certains territoires. Cette fiscalité englobe tous les actifs, financiers comme immobiliers : difficile d’y échapper pour les ménages les plus riches.D’autres pays, comme la Belgique ou les Pays-Bas, privilégient la taxation indirecte : droits de succession, ponctions sur les revenus du capital ou l’épargne. Les pays nordiques, eux, ont supprimé l’impôt sur la fortune, mais compensent par une fiscalité sur le revenu et des cotisations sociales conséquentes. Chaque modèle traduit une vision nationale de la redistribution et du positionnement économique.

Comparatif des taux d’imposition sur la fortune : panorama et chiffres clés

Les écarts sont marquants lorsqu’on compare la fiscalité du patrimoine en Europe. En France, l’IFI ne concerne que l’immobilier et plafonne son taux progressif à 1,5 % au-delà de 1,3 million d’euros. La Suisse taxe le patrimoine net avec des taux cantonaux jusqu’à 1,1 %. L’Espagne pousse la barre plus haut avec un taux maximal de 3,5 %, ce qui en fait l’un des régimes les plus stricts pour les grandes fortunes.

Pays Type d’impôt Seuil d’assujettissement Taux maximal
France IFI (sur l’immobilier) 1,3 M€ 1,5 %
Suisse Impôt sur la fortune (tous actifs) Variable selon canton 1,1 %
Espagne Impôt sur le patrimoine 700 000 € 3,5 %

Chez certains voisins, comme la Belgique et les Pays-Bas, l’impôt direct sur la fortune a disparu, remplacé par des taxes sur les revenus du capital et des droits de succession. Le Danemark, l’Allemagne ou l’Italie préfèrent d’autres formes d’imposition, mêlant fiscalité sur les revenus et prélèvements indirects. Résultat : la pression fiscale sur les plus riches varie fortement d’un pays à l’autre, chaque État ajustant sa politique entre attractivité et rendement.

Groupe de personnes discutant devant une carte extérieure

Enjeux et impacts pour les particuliers fortunés et les entreprises

Taxer les plus riches, ce n’est pas qu’une affaire nationale. Pour un particulier au patrimoine conséquent, chaque hausse de l’impôt sur la fortune ou resserrement d’une taxe sur le patrimoine oblige à revoir sa stratégie : arbitrer entre immobilier et placements financiers, diversifier à l’étranger, déplacer ses investissements. Dès qu’un taux d’imposition grimpe, la carte des flux de capitaux privés se redessine.

Du côté des entreprises familiales et holdings patrimoniales, la pression fiscale sur les actionnaires devient un enjeu central. Un alourdissement de la taxe visant les ultra-riches ou les centimillionnaires pèse sur la transmission, la distribution de dividendes, le choix de réinvestir ou non. La France, par exemple, reste dans le viseur pour sa difficulté à concilier rendement fiscal et attractivité pour les investisseurs.

Voici trois conséquences concrètes régulièrement soulevées par les spécialistes :

  • Déficit public : la question de la contribution des plus riches revient sans cesse lors des arbitrages budgétaires. Les recettes attendues d’une taxe Zucman ou d’un nouvel impôt sur la fortune sont examinées à la loupe.
  • Émigration fiscale : une fiscalité plus lourde pousse certains contribuables à choisir leur résidence en fonction de l’imposition, parfois en mettant en place des stratégies d’optimisation sophistiquées.
  • Investissement productif : la taxation du capital interroge sur ses effets possibles : fuite des investissements ou réallocation vers des cieux fiscaux plus cléments.

La France et plusieurs de ses voisins européens cherchent encore la formule juste pour équilibrer impôt sur le revenu et taxation du patrimoine. Le point d’équilibre reste mouvant, soumis aux tensions de la mondialisation et à un débat public toujours électrique. Taxer la richesse, c’est choisir : entre redistribution, compétitivité et modèle de société. Et ce choix, loin d’être figé, se rejoue à chaque réforme, à chaque crise, sous l’œil attentif des citoyens comme des investisseurs.

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